Depuis le printemps, la question que tout le monde pose ici est la même : le peso va-t-il franchir les 60 pour un dollar ? En août, la réponse est qu'il n'a rien fait du tout.
Le change : trente et un jours d'immobilité
Trente et un relevés quotidiens de la Banque centrale, un par jour, sans interruption. Le taux de vente le plus haut du mois est de 59,8109 pesos, atteint le 19 août. Le plus bas est de 59,5765, le 28. Entre les deux, vingt-trois centièmes de peso — 0,39 % d'amplitude sur le mois entier.
Cette stabilité n'est pas rien. Elle signifie que la pression sur le pouvoir d'achat des ménages, en août, n'est pas venue du change. Il faut la chercher ailleurs.
(Source : Banco Central de la República Dominicana — bcrd.gov.do — taux de référence quotidiens, août 2026)
Le carburant : un retour, pas une hausse
Le mois s'ouvre avec la gasolina regular à 302,50 pesos le gallon. Le 8 août, 304,50. Le 15, 307,50. Le 22, 310,50 — prix maintenu pour la semaine du 29 août au 4 septembre. Le gasoil regular suit la même trajectoire, de 254,80 à 262,80 pesos.
Lu isolément, cela ressemble à une hausse de huit pesos en trois paliers. Ce n'en est pas une. Le 13 juin, la gasolina regular était déjà à 310,50 et le gasoil regular à 262,80 — les prix exacts d'aujourd'hui. Entre les deux, ils étaient redescendus autour de 302,50 fin juillet.
(Source : MICM, aviso semanal du 12 juin 2026, semaine du 13 au 19 juin)
Août ne monte pas : il revient. Le prix a retrouvé, à la fin du mois, le plafond qu'il avait touché deux mois et demi plus tôt, quand le gouvernement a activé la congélation du Plan Anti-Crise. La premium suit le même mouvement, en une seule marche : 338,10 pesos jusqu'au 7 août, puis 341,10 à partir du 8 — et plus rien depuis. C'est exactement le prix qu'elle avait atteint le 13 juin. Le gaz de cuisine et le gaz naturel n'ont pas varié d'un centime en six semaines.
(Source : Ministerio de Industria, Comercio y Mipymes — micm.gob.do — avis hebdomadaires de prix)
Premier comparateur : deux immobilités, deux causes opposées
Le peso ne bouge pas parce que le marché des changes est calme. Le carburant ne bouge pas parce que l'État l'en empêche.
Ce sont deux stabilités de nature contraire, et la seconde a un prix. Pour une seule semaine de mai, le Trésor dominicain a pris à sa charge 79,73 pesos sur chaque gallon de gasoil ordinaire : le prix affiché à la pompe était de 257,80 pesos, il aurait été de 337,53 sans intervention. À la mi-mai, le total des subventions aux carburants dépassait 15 000 millions de pesos depuis le début de la crise ouverte fin février.
Rien, à la pompe, ne l'indique à l'automobiliste.
Deuxième comparateur : le comptoir compte plus que le marché
La Banque centrale affiche 59,7217 pesos à la vente le 1er septembre au matin. Les banques commerciales sont à 59,8 chez BHD, 59,9 chez Banreservas, Santa Cruz et Scotiabank. Mais c'est à l'achat que l'écart se creuse : celui qui vend ses dollars reçoit 57,9 pesos chez Santa Cruz et 56 chez BHD.
Un peso quatre-vingt-dix de différence par dollar. Sur mille dollars changés, mille neuf cents pesos d'écart selon la porte que l'on pousse — davantage que ce que la monnaie a bougé pendant tout le mois d'août. Pour qui perçoit ses revenus en devises, c'est l'arbitrage le plus rentable du mois, et il ne dépend ni de la Banque centrale ni du marché.
Le mois qui vient
La saison cyclonique est ouverte. Au 1er septembre, la tempête tropicale Edouard évoluait dans le golfe du Mexique, à plus de deux mille cinq cents kilomètres de la République dominicaine, en s'éloignant. Aucune alerte ne concerne le territoire dominicain à cette date. Septembre et octobre restent les deux mois les plus actifs de la saison — et c'est là que les prix, eux, peuvent bouger vite.
(Sources : Banco Central de la República Dominicana bcrd.gov.do — Ministerio de Industria, Comercio y Mipymes micm.gob.do — National Hurricane Center nhc.noaa.gov)