Le gouvernement dominicain a annoncé mardi que, pour des "raisons humanitaires", il avait décidé de reprendre les exportations vers Haïti, après la fermeture totale des frontières ordonnée mercredi dernier, quelques heures après l'assassinat du président haïtien Jovenel Moise. Cette mesure vise à réduire la possibilité d'une pénurie générale en Haïti qui produirait une instabilité sociale et des flux migratoires vers la frontière dominicaine, indique un communiqué envoyé par le Palais national. Le document explique que cette mesure vise à "préserver la sécurité nationale" et à maintenir un "contrôle préventif" de la possible augmentation des flux migratoires irréguliers résultant de l'instabilité politique et sociale provoquée par l'assassinat. La durabilité de la sécurité dépend beaucoup de la normalisation des échanges commerciaux entre les deux pays. Les citoyens haïtiens ont besoin des produits agricoles et agro-industriels dominicains pour satisfaire leurs besoins alimentaires", indique le document. Au cours de la semaine dernière, les autorités dominicaines ont autorisé de petits groupes d'Haïtiens à traverser la frontière nord par la rivière Masacre, à la hauteur de la municipalité de Dajabón, pour acheter de la nourriture. Il a également autorisé, depuis lundi, le passage de camions-citernes transportant du gaz naturel, carburant qu'Haïti importe par les ports dominicains. La République dominicaine, principal exportateur de denrées alimentaires vers Haïti, a fermé ses frontières le 7 juillet, après avoir appris l'assassinat, et a également suspendu les vols vers le pays voisin.